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Henry DESSAUX
17 février 2021
1211° Section de Beaumont de Lomagne - Disparition de Denis BLANCOU

1211° Section de Beaumont de Lomagne - Disparition de Denis BLANCOU

J’associe à mes propos le président ALtéo FACCHIN, président de la 1211ème section de la médaille militaire de BEAUMONT DE LOMAGNE, section d’appartenance de Denis, ainsi que Monsieur le président Jean Jacques LABORDERIE, de la FNACA du canton de VERDUN SUR GARONNE et son bureau.

C’est à la demande de la famille que je prononce cet éloge pour Denis BLACOU.

Vous comprendrez fort aisément que retracer la vie d’un homme de 85 ans en quelques lignes nécessite de ne garder que le tronc de sa vie en élaguant les branches secondaires. Pour autant, sa vie fût bien remplie et en ne gardant que les actes majeurs, je crains d’être déjà un peu long.

Fernand BLANCOU et son épouse PEZET Lucie furent des travailleurs infatigables et qui aimaient à la perfection le métier qui était le leur.

Ils eurent cinq enfants, Josette née en 1932, Denis en 1935, Jean en 1937, Thérèse en 1940 et Michel en 1944.

Denis avait donc deux sœurs et deux frères.

La tendre enfance de Denis :

Denis, notre ami, est né le 03 août 1935 à BOUILLAC en Tarn-et-Garonne. Il recevra l’éducation dans l’esprit de la famille, de ses valeurs et avec ce qui parfois aujourd’hui fait défaut.

SCOLARITE :

Le jeune enfant Denis fréquente l’école de son village comme ses camardes mais il n’aura pas la chance à cette époque de prendre le bus, la voiture ou tout autre moyen de locomotion sur roues. C’est à pied, par tous les temps, qu’il se rend à son école en parcourant 5 kilomètres à l’aller, mais aussi il fallait bien en revenir le soir, c’était donc 5 kilomètres supplémentaires qu’il devait parcourir. Il n’y avait pas l’éclairage public le long du chemin…. Essayons d’imaginer un laps de temps, la joie, la rudesse et parfois même la peur qui devaient l’accompagner. Heureusement, il y avait sa sœur ainée Josette.

Il obtient ce qui était alors à son époque le BAC, c’est-à-dire le Certificat d’Etudes et ce, avec brillance.

ADOLESCENCE

Après ses études, le jeune homme Denis BLANCOU partira en apprentissage, dans la ferronnerie et comme son grand-père ou oncle, forgeron, la maréchalerie équine et bovine. Qu’une pénibilité ! ! ! ….

C’était un amoureux, un passionné de son travail. La perfection, toujours l’excellence dans ces divers travaux ou métiers.

SA PERIODE MILITAIRE ET SES ACTIONS DU MAINTIEN DE L’ORDRE EN ALGERIE

Dans un premier temps, j’avais pensé vous retracer sa période dite militaire avec les plus grands détails possibles, mais après mure réflexion, afin de réduire mes propos, j’ai opté pour la formule de son parcours au service de la nation en trois points majeurs à savoir : avant, pendant et après.

AVANT :

Classé apte au service par le conseil de révision de Tarn-et-Garonne en 1954. Il suit les cours de la P.M.E. en 1955 puis participe aux opérations de sélection au centre d’AUCH du 08.au 12 décembre 1955. Il sera appelé à l’activité le 05 mai 1956 avec effet rétroactif au 01.05.1956.

Il arrive donc au 475ème G.A.A.L. le 03.05.1956.

Il sera mis en route pour le C.I. 14 à TOULOUSE le 27 août 1956 en vue de son embarquement à MARSEILLE sur le « PASTEUR » pour être affecté au 22ème R.I. à destination de l’Afrique du Nord le 06 Septembre 1956.

PENDANT :

Il arrive à ALGER le 07.09.1956 et rejoint la 1ère compagnie du 22ème R.I. pour être affecté le même jour à la 2ème compagnie du 22ème R.I. où il sert avec vaillance et efficacité. C’est un soldat, un vrai, qui œuvre au mieux pour servir son pays dans l’emploi qui est le sien.

Parfois la vie est un long fleuve tranquille. C’est cela que l’on aurait pu souhaiter pour Denis. Alors qu’il est seul, éloigné des siens qu’il n’oublie naturellement pas, les jours s’égrènent pour arriver au lundi 24 Décembre 1956. C’est la veille de Noël, une journée qui prépare la fête chrétienne du lendemain. Il aura s’agit pour bon nombre de personnes d’une journée comme une autre.

Denis est engagé avec ses camarades dans un convoi de plusieurs véhicules. Il occupe la place du premier véhicule, celui qui ouvre la route et il circule dans un talweg. Alors qu’il traverse une zone montagneuse, son véhicule et le convoi sont pris pour cible par les locaux. Il est alors 16 heures 00. Son camarade harki est tué, les autres occupants quittent le véhicule pour se mettre à l’abri, mais Denis est très grièvement blessé. Il tombe. Il ne sent plus ses jambes qui ont été brisées. Pire encore, il reçoit une décharge de chevrotine en plein visage lui occasionnant comme vous pouvez vous en douter des blessures très graves, une plaie énorme pour ne pas dire plusieurs plaies. Front, œil, nez, bouche et une partie de la tête sont touchés. Le dire aujourd’hui n’est rien par rapport aux souffrances du moment, souffrances qui l’accompagneront tout au long de sa vie.

Il ne sera récupéré, qu’au bout d’un moment, qui lui a semblé une éternité, par des renforts appelés à la rescousse.

Transporté en urgence à l’antenne médicale de sa formation, l’attente durera 24 heures 00 avant qu’un médecin aspirant le prenne réellement en compte. Ce dernier a fait part de son incompréhension à l’avoir laissé ainsi, sans soins, dans un état primaire, comme il avait été récupéré et si j’ose dire, de façon indigne.

APRES :

Suite à quoi, Denis ira d’antennes médicales en hôpitaux tant en Algérie qu’en France après son rapatriement sanitaire.

Un Noël qui marquera donc à tout jamais la vie de Denis.

Il sera réformé définitif des suites de ses blessures par la commission de réforme en séance à TOULOUSE du 11 Octobre 1957 et regagnera BOUILLAC ce même 11 Octobre 1957.

Denis a alors 22 ans.

DECORATIONS :

Denis est titulaire de la plus noble des décorations, la plus haute à titre purement militaire, j’ai cité la médaille militaire qu’il a obtenue en 2018 et qui lui a été remise par le colonel Hervé PILETTE, DMD 82 à MONTAUBAN. Il est titulaire de la valeur militaire, de la croix du combattant, du titre de reconnaissance de la nation et de la commémorative d’AFN avec agrafe Algérie.

A cela, il convient d’ajouter l’insigne de porte-drapeau pour plus de 20 ans de service.

SA NOUVELLE FAMILLE

Alors âgé de 30 ans, c’est le 12 juin 1965 qu’il épouse Mademoiselle Joëlle TORRES à BOUILLAC, dans sa commune natale.

De leur union naitront trois enfants, Christine en 1966, Eric en 1969 et Gilles en 1970, malheureusement décédé en 1988.

Denis compte cinq petits-enfants, deux garçons et trois filles et un arrière-petit-fils.

SES ACTIVITES PROFESSIONNELLES

Denis est un actif malgré ses blessures handicapantes. Dès son retour et dès que son état de santé le lui a permis, en terrien accompli, paysan dans l’âme, au sens le plus noble qu’il soit, il aidera ses voisins en fonction de ses possibilités. Il ne partait pas travailler pour une paire d’heures, mais pour la semaine. Il lui arrivait même de manger pour la petite anecdote des sardines salées passées de date, mais il en avait vu d’autres et dans cette période de travail à la semaine, il n’était pas rare que pour meubler son temps libre avant d’aller se coucher, il travaillait encore et toujours.

Il travaille aussi à la coopérative agricole de l’Union à VERDUN SUR GARONNE, puis bucheron abatteur et à la scierie VALETTE toujours à VERDUN SUR GARONNE.

Il sera employé à l’usine d’engrais à BESSENS quelques années puis comme ouvrier pour l’installation de l’adduction d’eau, en qualité de soudeur.

Il donnera de son temps comme chauffeur de moissonneuse batteuse chez l’entreprise MARTEL.

Pour toutes ses activités, Denis aura toujours eu le regret de ne pas avoir pu passer son permis poids lourd en raison de ses blessures et des opérations successives lui ayant placé plusieurs prothèses ou soutien dans ses jambes.

Puis Denis entamera sa dernière période de travail, comme employé communal « multicartes » à VERDUN SUR GARONNE où il ne connaitra que deux maires, Messieurs DUSSOL et ROGER et prendra sa retraite bien mérité le 1er JUILLET 1995 en totalisant 46 annuités.

Denis était réellement un vaillant, un courageux, toujours œuvrant avec excellence et dévouement malgré la souffrance qui était la sienne.

Vous l’aurez toutes et tous compris ici, Denis savait conjuguer le mot travail à tous les modes et à tous les temps, entendez ici par tous les temps climatiques.

Pour clore le chapitre de ses activités, je ne vous citerai ni Victor HUGO, ni Guy de MAUPASSANT ou encore pas plus Charles BEAUDELAIRE dans des citations de légende. Pour autant, je m’autorise une citation qui ne se trouve pas dans les manuels scolaires et pourtant, cette citation est de Denis BLANCOU, dixit « LE COUCHER NE RETARDE PAS LE LEVER »

SES PASSIONS et LOISIRS

La chasse, une passion absolue, mais aussi le jardinage, la forge, la ferronnerie, ce n’était pas un chanteur mais par contre il sifflait toujours en forgeant.

SUR LE PLAN ASSOCIATIF

Sur le plan associatif, je ne peux passer sous silence les engagements qu’il avait au sein des associations et le fait que Denis sera un des membres fondateurs de la F.N.A.C.A. du canton de VERDUN SUR GARONNE. Le président Jean-Jacques LABORDERIE mais aussi avant lui le président Louis LANTOURNE et les autres avec leurs bureaux respectifs, je vous dis soyez fiers de votre membre fondateur, il mérite votre et notre reconnaissance.

Il n’en aura pas été qu’un membre fondateur, il en sera également un porte-drapeau toujours présent et ce jusqu’à son impossibilité physique à remplir sa mission, bien malgré lui.

DENIS ET SA FAMILLE

Denis sera un père aimant pour ses enfants, pas par une démonstration excessive mais en donnant une éducation à ses derniers, lesquels auront appris en l’accompagnant et en voyant leur papa travailler. Point d’explications inutiles… son travail, sa façon de faire et de bien faire étaient l’exemple à suivre. Explications simples et efficaces par mimétisme.

Il travaille beaucoup pour parvenir à donner à ses enfants, même en périodes difficiles, l’épanouissement dont ils avaient besoin, sport, musique ou autres. La maman, bien sûr, était aussi là en complément.

Les enfants ont été éduqués avec les valeurs essentielles de la vie, l’honneur, le travail, mieux encore le travail bien fait, le respect des autres, le sens élevé du devoir et des fêtes mémorielles et patriotiques, une vie de droiture.

Mais le point cuminant sera la vie et l’amour en famille.

La famille est sacrée, et j’ai plaisir à vous dire, pour en avoir été le témoin, que Denis a été accompagné dans tous les instants de sa vie par son épouse Joëlle qui au quotidien lui apportait, de jour comme de nuit, des heures et des heures d’attention, une aide physique, morale, des soins appropriés et un amour infini. Ses enfants ont été présents jusqu’à bousculer leurs vies pour les aider à passer des caps importants. Cela mérite amplement d’être souligné.

A vous, toute sa grande et belle famille, la médaille militaire, ses membres adhérents de la 1211ème section de BEAUMONT DE LOMAGNE, sa section d’appartenance, son président Altéo FACCHIN, ici présent, mais également l’ensemble des adhérents de l’Union Départementale de Tarn-et-Garonne, et son président, le président Jean Jacques LABORDERIE, de la FNACA de VERDUN, son bureau et ses adhérents, vous présentent leurs plus sincères condoléances et vous assurent du soutien qui est dû à la famille d’un grand serviteur de la Patrie.

A titre un peu plus personnel, à vous Joelle, son épouse, à vous Christine sa fille je vous embrasse affectueusement et à toi Éric reçoit toute mon affection. Joelle, Christine et Éric soyez fiers, car vous pouvez l’être, de votre mari ou papa.

Avant que les honneurs militaires soient rendus à Denis, à l’extérieur de cette église, après l’office religieux, je tiens mon cher soldat Denis BLANCOU à m’incliner très respectueusement devant ta dépouille et ta mémoire………………. et je te dis A DIEU

Adissiathz pla l’aynat ……… etc…..

VERDUN SUR GARONNE 82, le 16.02.2021

Henry DESSAUX, président

de l’Union Départementale

de la Médaille Militaire

de Tarn-et-Garonne

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