« NE JAMAIS OUBLIER »
UN MONUMENT POUR LES SOUS-OFFICIERS MORTS POUR LA FRANCE
Sur le rond-point qui marque l'entrée du quartier militaire de Saint-Maixent-l'École, une main de pierre blanche serre une lame dressée vers le ciel. À ses pieds, en lettres capitales détachées : « AUX SOUS OFFICIERS ». Inauguré le 21 juin 2026, ce monument est le premier, dans cette ville pourtant façonnée par deux siècles d'histoire militaire, à rendre hommage non pas à un fait d'armes ou à une promotion en particulier, mais au corps des sous-officiers dans son ensemble : à ceux qui l'ont servi, à ceux qui le servent, et à ceux qui le serviront.
Tout commence en 2022, avec une idée du général Chatelus : élever un monument à la mémoire des sous-officiers tombés dans l'accomplissement de leur mission. Ses successeurs, le général Didier puis le général Chareyron, reprennent le flambeau et portent le projet jusqu'au bout, avec la même détermination. Il aura fallu quatre ans pour voir l'inauguration.
Ce monument, c'est avant tout un devoir de mémoire. Il honore les 215 sous-officiers, d'active et de réserve, morts pour la France au service de la République ou de la Nation depuis 1963 : année de création de l'École Nationale des Sous-Officiers d'Active (ENSOA).
« Ne jamais oublier » : trois mots qui résument tout le sens du projet, pensé pour que le souvenir de celles et ceux qui ont donné leur vie en accomplissant leur devoir ne s'efface pas avec le temps.
Mais l'œuvre va au-delà de la seule mémoire. Elle symbolise cette fraternité d'armes qui relie les sous-officiers au-delà des générations, des spécialités, des régiments. Elle rappelle l'engagement, la loyauté et le sens du devoir de tous ceux qui ont servi ou qui servent encore dans l'armée de Terre, quel que soit leur parcours.
Le financement, lui, a reposé presque entièrement sur les dons, avec l'UNSOR 79 comme support. Les sous-officiers en activité ont été les premiers à se mobiliser, puis une campagne de communication, portée notamment par les réseaux sociaux, a permis de rallier de nombreux anciens et particuliers, venus eux aussi apporter leur pierre à l'édifice.
Concrètement, la réalisation n'aura pris que six mois : le temps d'acquérir les pierres et de laisser les deux sculpteurs façonner l'ouvrage. Mais le projet dans son ensemble s'est étiré sur près de quatre ans — il a fallu trouver le bon cadre juridique, choisir les artistes, réunir les fonds, préparer les infrastructures pour accueillir l'œuvre.
Aujourd'hui, ce monument est devenu un lieu de recueillement, de mémoire et de transmission. Une façon, pour toute une communauté, de dire sa reconnaissance à ceux qui ont payé leur engagement du prix le plus lourd.
Adjudant-chef Vincent du POY
Président des sous-officiers de l’ENSOA
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